Murs et portes de la Bourgade

 

Le bourg de la Cadière présentait autrefois le système de défense usité au XIIe siècle, c'est-à-dire qu'il était défendu par une double muraille construite en pierres calcaires de moyen et de petit appareil, formant d'abord une enceinte intérieure continue autour du château féodal, ensuite une deuxième enceinte également continue, autour des maisons. On entrait dans la ville par trois portes ouvertes successivement dans les murs extérieurs : la porte de Cavaillon, la porte de la Colle et la porte du Peï. La porte Mazarine ne fut percée dans les remparts qu'au XVIe siècle.

La porte de Cavaillon était située au point le plus élevé du village, devant la chapelle de Sainte-Magdeleine et a été démolie en même temps que le château.

La porte de la Colle, située à l'ouest de la ville, s'ouvrait dans une tour carrée bâtie comme les murailles, en pierres calcaires de moyen appareil dans le bas et de petit appareil dans le haut. Elle a son archivolte en plein cintre et sa voûte en berceau. On la fermait au moyen d'une herse et d'une porte à deux vantaux. La herse, en bois et en fer, descendait du premier étage de la tour par cette large baie percée dans la voûte, et les vantaux, dont on voit encore les gonds en fer scellés dans les murs, étaient retenus en dedans par une forte barre de bois, que l'on tirait toute entière d'un trou carré pratiqué dans l'épaisseur du mur à cet effet. Les dimensions de cette entrée sont les suivantes : largeur entre les murs latéraux 2,70 m, profondeur 3,00 m, hauteur sous la voûte 3,40 m.

La porte du Peï, située au sud de la ville, et à peu près au milieu de la longueur des murailles, devait s'ouvrir dans une tour, comme la porte de la Colle et comme toutes les entrées des villes de cette époque, mais il n'en reste aucune trace, ni au-dehors, ni au-dedans ; les maisons particulières élevées sur les remparts de la vieille cité ont tout fait disparaître. La voûte porte encore l'entaille d'où descendait la herse, et, chose plus rare, les battants de la porte du Moyen-Âge existent encore. Ils sont en bois dur, d'une assez forte épaisseur, tout hérissés de clous portant des sigles du XIIIe siècle. Cette entrée, la principale de l'ancien village, a les dimensions suivantes : largeur entre murs latéraux 2,80 m, profondeur 2,85 m, hauteur sous la voûte 2,30 m.

La porte Mazarine, située au sud-est, n'est qu'un passage ouvert dans la muraille pour la commodité des habitants, mais n'a jamais présenté le moindre caractère défensif. En 1657, Mazarin permit de percer le rempart de la Cadière et d'ajouter aux portes de Saint-Jean, de la Colle (Collis) et de Cavaillon qui avaient été successivement ouvertes, une quatrième porte qui, pour cette raison, fut appelée Porte Mazarine. À côté de cette porte se trouve la maison où logea le roi Charles IX, lors de son passage à la Cadière en 1564.