LA CHAPELLE SAINT-CÔME ET SAINT-DAMIEN, Ve – XVIe siècles

.. "Du fond du tableau se détachent par leur blancheur de nombreuses bastides, les unes isolées, les autres groupées, toutes ombragées d'un treillage de jasmin ou de vignes sous lequel s'abritent la rose et la cassie, l'œillet et le violier. Au centre de cette terre privilégiée s'élève, sur les ruines dispersées d'une plus grande église, une petite chapelle, dédiée aux saints martyrs Côme et Damien, d'où la vallée a tiré son nom ; édifice modeste, entouré d'oliviers séculaires, et à demi caché sous le lierre rampant qui grimpe sur ses murs, les tapisse et pare leur vieillesse ; monument peu digne d'attention sous le rapport architectural, mais auquel se rattachent des souvenirs pleins d'intérêt. C'est l'emplacement de l'ancienne église de Saint-Damien, un des premiers biens temporels que posséda l'abbaye de Saint-Victor de Marseille"...

Ces quelques lignes, d'une exquise poésie, ont été écrites en 1849 par le Cadiéren Magloire Giraud, qui fut curé de Saint-Cyr pendant cinquante ans. Il ne pouvait pas y avoir plus charmante introduction à la description de la modeste chapelle Saint-Côme que le promeneur peut apercevoir à quelques mètres de la route qui traverse la vallon de Saint-Côme. Inscrite aux monuments historiques en 1981, elle est tout ce qui reste d'une église ayant appartenu à un ancien prieuré agricole de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Cette église avait été édifiée, probablement au Xe siècle, avec réemploi de pierres de taille, sur les vestiges d'une villa gallo-romaine datant, semble -t-il, du Ve siècle. La chapelle actuelle est le chœur voûté de l'ancienne église qui, d'après les savants calculs d'archéologues, devait avoir un transept de 11,40 m et une nef, jusqu'à l'abside, de 19 m, alors que la largeur de l'abside subsistante n'est que de 3,80 m. Cet ensemble a été délaissé au cours du XIVe siècle, siècle à la fin duquel le prieuré n'est plus mentionné dans les états de l'abbaye-mère. La chapelle, qui était en triste état au moment ou le chanoine Giraud écrivait les lignes qui précèdent, a été relevée de ses ruines. Les travaux de restauration, effectués dans les années 1970/1990 nous permettent maintenant de poser un regard presque attendri sur cet endroit bucolique dont nous essayons de faire revivre le passé.

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